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Un ango à Tosho-ji – Javier

Un ango à Tosho-ji – Javier

Un ango à Tosho-ji

Le retour d’expérience de Javier

« Dans le champ, il ne restait plus que le chaume. Puis ils l’ont intégralement brulé… et maintenant, de nouvelles pousses vertes apparaissent ici et là. C’est l’opportunité de voir ce qui ressurgit de la cendre… »

~JMR Kôzan

Du point de vue subjectif, l’effet de cet ango de trois mois a eu un effet dévastateur sur le sens de mon « moi », mes préférences et mes résistances. Je me suis senti dépossédé de toute volonté de me différencier des autres, même dans les gestes personnels les plus simples et les plus basiques. Pendant ces 85 jours dans le temple, tout est organisé pour s’oublier soi-même. Peu  importait « qui » coupait le bambou pendant le samu, « qui » faisait le service des repas, « qui » chantait les sutras dans le Hato, ou « qui » méditait, assis dans le sodo. Il n’y avait que l’évidence d’être présent  à tout moment et le mot clé était une totale disponibilité.

Je n’étais plus que l’observateur de la vie qui se déroulait à travers mon corps physique. Il n’y avait pas de temps pour davantage, ou tout simplement « c’était ce que c’était ». Sans aucun doute, ce fût une des expériences de pratique les plus intenses et profondes de ma vie. Tout s’est rempli d’intensité, de ferveur et aussi de dévotion : le rituel des cérémonies, les sutras du matin, de la mi-journée et de l’après-midi, la cérémonie de repentir, tous les quinze jours, le bain quotidien…

Toutes les occasions ont été des opportunités uniques de faire vivre l’esprit d’éveil Bodhicitta, avec une énergie intérieure, ou dans la dévotion, dans l’abandon et souvent dans une remise en question personnelle continuelle…

En quittant le temple et en revenant chez moi, j’ai eu l’impression d’avoir vécu un rêve.

Ou peut‑être est-ce juste le contraire : le rêve est ce que je vis maintenant ?