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Ango ~ Guy Mokuhô

Ango ~ Guy Mokuhô

« Demeurer dans la paix » est la traduction du mot ango désignant la retraite qui rassemblait les moines autour du Bouddha ou d’un ancien pendant la saison des pluies. Par extension c’est devenu la période de formation que doit suivre le moine ou la nonne, après son ordination (Tokudo), pour s’instruire des règles, cérémonies et rituels propres à l’école Soto. C’est donc une période de  temps entièrement dédiée à la pratique et qui fait partie dans la tradition japonaise du cursus par lequel un moine apprend à prendre en charge un temple, une fonction ou une fonction d’éducateur auprès des adeptes du zen.

Accomplir un ou plusieurs ango n’est pas une obligation pour nous, pratiquants du zen européens. Mais cela a le bienfait de permettre à nos multiples sangha européennes de pouvoir vivre mieux ensemble en harmonisant l’aspect extérieur de la pratique et des rituels. Certains soutiennent que ces ango sont inutiles et même qu’ils s’opposent à l’enseignement transmis par Maître  Deshimaru.

Mais pouvons-nous savoir vraiment ce que va produire en nous une expérience, avant de l’avoir faite ?

Au-delà du pour ou du contre, et aussi au-delà de toute forme, dans un inévitable éloignement géographique, culturel et même religieux, les repères habituels, les idées, notre propre importance sont bousculés sans appel dans la promiscuité avec les autres, l’incontournable traintrain quotidien et même parfois l’absurdité du fonctionnement monastique japonais.

Et cependant, pour toutes  celles et tous ceux qui ont vécu cette période, une profonde remise en question intérieure s’est mise en œuvre naturellement. Dans la répétition du quotidien, au-delà du contexte et même de la tradition religieuse, chacun est conduit au dépassement personnel et à l’acceptation inconditionnelle de la réalité quotidienne. La fameuse réplique de Nansen Hejôshin koredô’, « la  conscience ordinaire est le chemin », finit par prendre tout son sens.

Voici quelques témoignages de membres de la sangha Tenbôrin qui ont pratiqué ces ango en 2018 au temple de Toshoji dans la préfecture d’Okayama.

Guy Mokuhô